J’ai appris avec beaucoup d’émotion et de tristesse le décès de Luc Hoffmann, qui a changé le destin d’Arles et de la Camargue et a consacré sa vie à la nature. Visionnaire, Luc Hoffmann a été l’un des principaux artisans de la protection de l’environnement à une époque où cette conscience n’existait pas encore. Avec discrétion mais avec détermination, il a mis sa fortune et son temps au service de ses convictions et était notamment co-fondateur du World Wildlife Fund (WWF) en 1961. Peu d’hommes ont joué un rôle aussi fondamental que Luc Hoffmann pour préserver la Terre.

C’est la passion des oiseaux qui l’a amené pour la première fois en Camargue il y a presque 70 ans. Il ressent un véritable coup de foudre pour ce territoire et achète le domaine de la Tour du Valat en 1947. Il y créera la station biologique devenue un outil international de protection des zones humides en Europe et dans le monde. À ce titre, il est l’inspirateur de la convention Ramsar signée en Iran en 1971 et ratifiée par 169 pays. C’est aussi Luc Hoffmann qui a obtenu que le delta du Rhône soit protégé. Sous la présidence de Georges Pompidou, son amitié avec le ministre de l’Aménagement du territoire Olivier Guichard a favorisé la création du Parc naturel régional de Camargue en 1971.

C’est d’ailleurs en Camargue que Luc Hoffmann a vécu avec son épouse et ses quatre enfants qui ont passé leur enfance à Arles. Il s’est aussi impliqué dans le domaine culturel notamment en créant la Fondation Van Gogh, qui accueille aujourd’hui une exposition majeure de 31 œuvres du génie hollandais.

Comme maire d’Arles et à titre personnel, j’ai eu beaucoup de chance et beaucoup d’honneur de connaître un homme de la stature de Luc Hoffmann. Je garderai toujours le souvenir de sa passion intacte lors du baguage des flamants roses chaque été à l’étang du Fangassier.

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Au nom du Conseil municipal et de tous les Arlésiens, je tiens à rendre hommage à un grand homme et à lui témoigner la reconnaissance des Camarguais et des Arlésiens. À ses enfants Vera, Maja, André et Daschenka, ainsi qu’à l’équipe de la Tour du Valat autour du directeur Jean Jalbert, je présente les condoléances de la Ville d’Arles avec une pensée pour Jean-Paul Taris, disparu l’an dernier.

 Hervé Schiavetti, maire d’Arles