Pour le bicentenaire de la mort de Pierre-Antoine ANTONELLE, premier Maire d'Arles, la ville propose une exposition, accompagnée d'une programmation culturelle et éducative de qualité, qui retrace la vie d'Antonelle et notamment sa participation active à la Révolution française.

En 1788, le noble Antonelle écrit une bombe : "Le catéchisme du Tiers État". Les idées de nation, d'égalité devant l'impôt, de citoyenneté conquise par le vote pour tous, même les plus modestes, y sont défendues. Le petit ouvrage circule sous le manteau. En 1789, il est nommé commandant de la Garde nationale d'Arles puis élu premier Maire d'Arles en 1790. Élu Député en 1791, Antonelle monte à Paris. En 1792, il devient Président du club des Jacobins. Sous le Directoire, il échafaude avec Babeuf la conspiration des Égaux et le concept de "démocratie représentative"! En 1793, il est juré au tribunal révolutionnaire. Il est emprisonné en 1794 sous Robespierre pour le seul fait d'être noble. Opposant à la dictature de Bonaparte, il se retire à Arles après 1800. Surveillé par les polices du Consulat et de l'Empire, il échappe à la déportation mais est assigné à résidence dans sa maison de la Roquette. Il en profite pour se consacrer davantage "aux modestes, aux sans-paroles, aux sans-culottes, aux sans-fortunes, aux sans-dents de la République" comme l'écrit dans son dernier livre Pierre SERNA, professeur d'histoire et commissaire de l'exposition. Avec le retour du roi, il est obligé de se cacher pour échapper à ses vieux ennemis royalistes qui veulent lui faire un mauvais sort. Antonelle meurt en 1817 et sa mémoire est diabolisée. Le jour de ses obsèques, la cérémonie tourne à l'émeute car le peuple d'Arles, à qui Antonelle a prodigué sa générosité et ses libéralités, estime que les autorités n'ont  pas rendu les honneurs que méritait "Moussu d'Antonello, lou capeu à la man". Mais Antonelle est vite oublié car se sont ses détracteurs qui l'emportent. En 1870, l'érudit arlésien, Émile Fassin, tente de faire accepter sa mémoire sans grand succès. Il faudra attendre 1989 avec une initiative de Maurice COULET, journaliste à La Marseillaise et passionné d'histoire pour que l'on reparle d'Antonelle à Arles. Mais là aussi, la mémoire a été sélective, comme le fait remarquer Gérald MAS, à propos de l'inauguration de l'exposition : "...Hier, pour des raisons de protocole... Aucune attention, aucune reconnaissance de cette bataille menée en 1989, alors que tous les édiles ne parlaient que de Monseigneur Dulau. Quelle misère!" Dulau était l'ennemi irréductible d'Antonelle!

Exposition à la chapelle des Trinitaires, rue de la République, du 15 septembre au 18 novembre 2017.

Photos ASSPB :

 

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