A la suite de l'article de La Provence du 03 février, nous avons voulu en savoir plus en parcourant la totalité du rapport de 215 pages du Conseil d'Orientation des Infrastructures (COI). Ce que nous y avons relevé nous a sidéré et nous avons interpelé par courriel son Président, M. Philippe DURON :

"Monsieur le Président,
A la lecture de votre rapport d'Orientation des Infrastructures et sauf erreur de notre part, nous ne trouvons aucune trace d'une quelconque audition des élus directement concernés et en faveur du contournement autoroutier d'ARLES. Par contre, nous avons constaté que, pour d'autres projets, des élus ont été auditionnés, par exemple M. Alain JUPPE pour le contournement de sa ville de Bordeaux.
Nous regrettons la méthode de travail retenue pour le projet nous concernant où il apparaît que vous avez privilégié de prendre attache avec Mme Corinne LEPAGE, connue pour sa position contre le contournement autoroutier d'Arles, alors qu'elle ne subit en rien les nuisances du trafic de  la R.N. 113 qui coupe la ville en deux !
Sidérés par le déroulement de cette enquête, nous vous demandons que les élus d'Arles en faveur du contournement soient également entendus.

Recevez monsieur le Président, nos salutations associatives."

Réponse de M. DURON :

"Cher Monsieur,

Le temps dont nous disposions était limité. Le COI, comme la commission Mobilité 21 voici 5 ans, a pris le parti de n’entendre que les personnes, institutions, et associations qui pouvaient l’éclairer. De surcroît, il a été convenu que je recevrais, dans le limite du possible et de la compatibilité des agendas, toutes les personnes qui en feraient la demande auprès du secrétariat du COI. Pour ce qui concerne Arles, j’ai rencontré Madame Monica Michel, députée LREM des Bouches du Rhône ainsi que Maître Corinne Lepage. Comme vous le voyez, nous avons entendu les deux points de vue sur ce sujet complexe. Ce mardi 6 février, je rencontrerai, à l’Apssemblée nationale, une délégation conduite par Monsieur le Maire Hervé Schiavetti. 

Le conseil, composé de personnalités parlementaires et experts, présente une grande diversité d’opinions et d’expériences. Il discute les projets à partir d’évaluations très poussées et neutres. Ses avis constituent un éclairage pour le gouvernement et le parlement qui restent maîtres des décisions de financer et d’engager telle ou telle opération.

Pour ce qui concerne le contournement d’Arles, nous avons eu de longues discussions.

La lecture de notre rapport vous montrera que nous estimons ce contournement nécessaire mais que les solutions apportées aux questions environnementales méritent d’être approfondies. Dans notre  scénario le plus ambitieux, nous suggérons une réalisation du contournement à partir de 2023.

En espérant vous avoir convaincu de l’honnêteté de notre démarche, je vous prie de croire Monsieur le Président a l’assurance de toute ma considération.

Philippe DURON
Membre honoraire de l’Assemblée nationale
Président du COI"
Auquel nous répondons :
"Monsieur le Président,
Je vous remercie de votre prompte réponse et des explications que vous avez bien voulu me fournir. Cependant, je reste interloqué par le déroulement de la procédure où certaines personnes ont été auditionnées avant l'établissement de votre rapport et d'autres après.
Je vous prie de recevoir mes salutations associatives."
Le Président Duron complète ensuite sa réponse :
"Monsieur le président,
La derniere audition d’aujourd’hui a été organisée par la députée de la circonscription. Je recevrai également le président de la Grande Aquitaine Alain Rousset dans les jours à venir et plusieurs personnalités importantes. Vous devez comprendre que nous avons travaillé sous contrainte. Celle du temps, nos conclusions devaient être rendue au gouvernement assez tôt pour être utile à la rédaction de la Loi d’Orientation sur les  Mobilités ; les projets doivent respecter les lois sur l’environnement et enfin les programmes et les projets doivent être compatibles avec la trajectoire de la loi de finances pluriannuelle votée par le Parlement. Nous avons donc privilégié les projets prêts a être engagés et dont les risques juridiques étaient faibles.
Avec toute ma considération,
Ph D"
Suivi, quelques heures plus tard par un mot d'excuse :
"Monsieur le Président,
Dans mon second mail, j’ai commis une erreur. Je vous ai indiqué que j’avais reçu Madame Michel. C’est inexact, j’ai confondu avec une autre députée LREM. Soyez assez aimable de m’excuser de cette méprise,
Bien cordialement 
Ph DURON"
Faute avouée est à moitié pardonnée!

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