A la suite des dernières péripéties autour du contournement, nous avons complété son historique, c'est un peu long mais c'est résumé au minimum 23 ans de participation de notre association et des CIQ/CIV de la ville d'Arles.

Entre 1995 et avril 2004, de nombreuses réunions dites de « concertation » ont eu lieu entre l’Etat et les associations arlésiennes regroupées au sein de l’ARPA (Associations Rassemblées pour le développement durable du Pays d’Arles). La CCI, divers organismes et des élus de la ville d’Arles participaient selon les sujets abordés. Neuf tracés différents ont été étudiés (4 au niveau de la R.N. 113, 1 au Nord de la ville et 4 au Sud).

En 2002, l’Etat présente un nouveau tracé : la Variante Sud Vigueirat (VSV) qui sera choisi en avril 2004 par le Ministre de l’Equipement.

Ce tracé ne satisfait personne mais, afin de ne pas perdre plus de temps, il est plus ou moins bien accepté par les associations, dont l’ASSPB. Il est considéré comme le moins mauvais car il n’est pas facile de traverser le territoire d’Arles sans porter atteinte aux Parcs naturels (Alpilles et Camargue), Montmajour et le patrimoine de la ville.

En août 2006, la D.D.E. des B.d.R. publie un premier planning avec un démarrage des travaux prévu pour 2010. Ensuite, plus rien jusqu’en 2010, soit quatre ans de stagnation !

Le 13 juillet 2010, le SNIT (Schéma National d’Infrastructure de Transport) retient le contournement parmi sa liste de projets urgents. Les études (choix d’un fuseau de 1 000 mètres) et les consultations continuent.

En 2012, la mise en service du contournement est repoussée en 2020.

En juin 2013, le contournement passe en priorité N°2 : investissement à réaliser d’ici 2030. Puis le dossier stagne à nouveau pendant plusieurs mois.

En mars 2015, un collectif des CIQ/CIV et associations assimilées décident de relancer le projet et s’adresse aux élus locaux.

Le 26 juin 2015, le Préfet des B.d.R. annonce un renchérissement du coût de l’opération de 150 M € (+ 26 %) afin d’améliorer la transparence hydraulique du remblai qui portera l’autoroute. Les travaux sont prévus entre 2022 et 2025. A noter que cette transparence avait été pointée par l’ARPA dès 2002 !

Le 08 février 2016, conférence de presse des élus et de la CCI pour réaffirmer leur volonté de voir aboutir le contournement.

En juin 2016, n’ayant reçu aucun signe de l’Etat, David GRZYB prend la main, convoque les CIQ/CIV et la CCI, met en ligne une pétition en faveur du contournement et organise une manifestation pour début juillet.

Le 01 juillet 2016, a lieu, sur une seule voie de la R.N. 113, une opération « escargot » avec des bénévoles associatifs, la CCI et quelques élus. Les arlésiens ne se sont pas mobilisés.

Mai 2017, un tract de la candidate LREM, Monica MICHEL, aux élections législatives, indique, parmi trois points essentiels de sa campagne, le contournement autoroutier Sud d’Arles. 

Le 17 octobre 2017, le CIQ de la Roquette prend l’initiative de relancer la mobilisation avec les autres CIQ/CIV. Une motion pour la réalisation du contournement est publiée et envoyée aux élus locaux.

Le 21 octobre 2017, la nouvelle Députée, Monica MICHEL reçoit les CIQ/CIV et s’engage à faire du contournement sa priorité.

Le 23 octobre 2017, FR3 PACA réalise un reportage avec des représentants des CIQ à proximité de la R.N. 113.

Le 08 novembre 2017, la CCI après 14 mois de silence reçoit les CIQ/CIV pour les tenir au courant de l’évolution du dossier.

Le 15 novembre 2017, la CCI organise, conjointement avec la Députée et le Sous-Préfet, un atelier territorial de la Mobilité avec la participation des CIQ/CIV. La CCI produit un dossier de 16 pages en faveur du contournement.

Le 11 janvier 2018, la Coordination des CIQ/CIV rédige un communiqué de presse et un courrier à la CCI pour s’étonner de ne pas être avertie des dernières démarches en cours.

Le 25 janvier 2018, la Coordination demande par courrier à la Députée de bien vouloir porter au plus haut niveau de l’Etat son exigence de réalisation du contournement.

Le 03 février 2018, coup de tonnerre : La Provence publie des extraits du rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) : le contournement pourrait être repoussé en 2038 ! Plus grave, nous nous apercevons que les auditions menées par le Président du COI, Philippe DURON, l’ont été en dépit du bon sens. Seule a été reçue l’ancienne Ministre, Corinne LEPAGE, qui est contre je projet alors qu’aucun élu d’Arles n’a été entendu !!!

Le 06 février 2018, session de rattrapage : conduite par la Députée Monica MICHEL, une forte délégation d’élus est reçue par Philippe DURON, hélas, après la publication de son rapport. Etaient présents : MM. Hervé SCHIAVETTI, Maire d’Arles, Dominique TEXIER, Maire de Saint-Martin-de-Crau, Nicolas KOUKAS, Conseiller Départemental, David GRZYB et Nora MEBAREK, tous deux Vice-Présidents de l’ACCM , Jean-Luc MASSON Président du SYMADREM et Stéphane SPAGLIA, Président de la CCI. Tous ont pu démontrer que ce projet était indispensable et qu’ils étaient unis dans cette démarche.

Le 13 février 2018, Monica MICHEL est reçue par le Chef de cabinet de la Ministre des Transports qui lui garantit la poursuite du projet sans recourir à de nouvelles études.

Le 13 février 2018, création de l’association « Tous pour le contournement autoroutier d’Arles maintenant ! » par Philippe GYEZZI, Architecte-Urbaniste. La démarche est très mal vécue par la Coordination des CIQ/CIV. En effet, la proposition du Président GHEZZI d’adhérer à cette association est considérée comme méprisante.

Le 15 février 2018, la Députée est reçue par le Chef de cabinet du Premier Ministre.

Le 15 février 2018, également, le Président de la Région PACA est reçu par la Ministre des Transports. La Région ayant préféré agir de son côté plutôt que tous ensemble.

Le 17 février 2018, la Coordination distribue sur le marché le flyer « ça ne se fera pas sans vous ! » appelant la population à se mobiliser pour que le combat aboutisse.

Le 23 février 2018, à la suite du refus de la Députée de prendre en charge l’organisation d’une réunion publique afin d’informer et de mobiliser la population arlésienne, la Coordination écrit à chaque élu ayant rencontré Philippe DURON (COI) pour leur demander d’organiser cette réunion qui serait un signe fort en direction des décideurs.

 Le 26 février 2018, l’ACEN et son nouveau Président, Jean-Bernard MOUREAU, publie un communiqué « Tous unis pour de vraies solutions à la traversée d’Arles ! » qui confirme son refus du tracé Sud Vigueirat. L’ACEN propose, à court terme, de réduire la vitesse à 40 k/h et d’interdire les P.L. et à moyen ou long terme, d’aménager la R.N. 113 en une sorte de périphérique couvert sur les 5 km de la traversée d’Arles ! Un projet incohérent, au moins sur deux points : l’interdiction des P.L. car, à ce moment-là, ils emprunteront les routes départementales au départ de Fos/Mer, traverseront la Camargue et passeront par Pont de Crau pour se rendre au nord du département ; un périphérique couvert sera retoqué par l’Etat comme il a retoqué le tracé sous-fluvial pour l’évacuation des gaz et les cargaisons dangereuses !

Voilà résumés 23 ans de tergiversations.

23 ans où les associations malgré leur pugnacité ont été baladées.

23 ans où l’empreinte des élus n’a pas été déterminante.

Cependant, en 2018, c’est la première fois où une délégation d’élus a pu rencontrer le sélectionneur en chef des projets à réaliser par l’Etat, sur invitation de la nouvelle Députée*. On a progressé car la position de l’ancien Député c’était plutôt : « Dormez en paix braves gens, je veille ! » selon la formule des Chevaliers du guet créés par Philippe Auguste.

*l’invitation était également valable pour un représentant de la Coordination mais les trois personnes qui l’ont reçues n’ont pas souhaité y donner suite.

Photo ASSPB :

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