L'ASSPB faisait partie de la délégation reçue par Hervé SCHIAVETTI, nous partageons complètement le compte-rendu fait par le Président du CIQ de la Roquette :

"Le 26 mars dernier, la coordination des comités de quartiers et de villages, soit une dizaine de représentants des habitants d’Arles (Trinquetaille, La Roquette, Pont-de-Crau, Barriol, Plan du Bourg, du centre-ville, de Raphèle) rencontrait le maire d’Arles, Hervé Schiavetti, pour lui soumettre une requête précise : organiser une consultation locale de la population arlésienne, avec pour question centrale :  pour ou contre le contournement autoroutier d’Arles.

La réponse du maire d’Arles a été le refus d’une telle consultation. Pour nous, cette consultation est importante. Elle détermine la suite du combat que nous menons depuis trente ans : protéger la santé des Arlésiens et permettre à notre ville de se développer sans la verrue d’un axe routier qui pénalise tous les projets urbains d’aménagement (transports collectifs dans et hors agglomération, désenclavement des quartiers, accès aux zones d’activité, pistes cyclables, espaces verts, etc.)

Au sortir du bureau du maire, nous savions que cette consultation qui nous aurait permis de mesurer le soutien de la population arlésienne à ce combat n’aurait pas lieu. Ce 26 mars, nous avons constaté que, une fois de plus, la collectivité la plus concernée par cette infrastructure, et la plupart des élus de la Ville, ne veulent pas s’entourer du soutien de la population, alors même qu’il s’agit d’améliorer la sécurité de milliers d'arlésiens, de supprimer une pollution atmosphérique et sonore quotidienne en constante progression depuis trente ans.

Le maire d’Arles dit qu’un référendum diviserait la population. Défendre l’intérêt général est effectivement un acte politique qui ne rencontre jamais l’unanimité. Déplacer la 4-voies vers le sud de l’agglomération comporte évidemment des inconvénients et des nuisances, mais moins que toute autre solution, y compris le statu quo. Après des années d’études sur neuf tracés alternatifs, au nord, au sud, sous le Rhône, l’État a expliqué et justifié le choix du tracé Sud Vigueirat. Tout le monde a été consulté, y compris ceux qui aujourd’hui s’opposent à cette solution.

Que devons-nous faire maintenant en 2019 ? Dans les années 90, nous pensions obtenir la solution dans les dix ans. Vingt-cinq ans plus tard, dans la ville asphyxiée, paralysée par les bouchons, les accidents souvent mortels, la situation a empiré. Après le refus du maire d’une consultation citoyenne, devons-nous baisser les bras, tourner la tête et ne plus voir le problème ? CIQ, CIV et autres associations, à quoi servons-nous si les élus ne soutiennent pas un combat d’utilité publique évident ?

Bien sûr, au-delà des déceptions et rancœurs accumulées au cours des années, le combat pour le contournement autoroutier doit continuer. Mais comment ?

Au moment où l’on parle de Grand Débat National, où le gouvernement prône l’écoute de la colère populaire, la consultation et la participation des citoyens, le mouvement des « gilets jaunes » n'a peut-être pas tout à fait tort de dénoncer la cécité et la surdité de nos élites."

Alain Othnin-Girard,  Président du CIQ de La Roquette

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