Ainsi donc, les arlésiens ont choisi un saut dans l’inconnu ! En élisant la liste « Pour le Grand Arles », à part Grand et Changement nous ne savons pas grand-chose du programme et des 45 candidats, ni qui va faire quoi ! Certains sont inconnus du grand public, d’autres n’habitant pas la commune ont dû avoir recours à une adresse de complaisance. D’autres encore sont soit aigris, soit revanchards ou les deux à la fois. Le mot Grand est vague et les synonymes de Changement sont innombrables : modification, bouleversement, mutation, renversement, ébranlement, …

Quand elle veut reprendre une ville à la gauche, la droite ne fait jamais dans la dentelle. A Marseille, Martine VASSAL a évoqué le « péril rouge », « nous subirons un hiver fiscal sibérien », « l’ultra-gauche est en train de faire un putsch à la cubaine ou à la vénézuélienne ». A Arles, de CAROLIS n’a rien trouvé de bon dans la gestion passée, nous habiterions une ville dévastée. Sur les réseaux ont sévi des commentaires négatifs, mensongers, insultants voire diffamatoires, des attaques personnelles. L’équipe de Nicolas KOUKAS a eu le tort de s’abaisser à répondre au même niveau. C’est ce qu’a pointé le dernier bulletin de l’Arlésienne : « La gauche stalinienne contre l’extrême droite parisienne. Vous trouvez ça caricatural ? Pas de panique, nous aussi. »

Cependant, en politique comme au football, la "taquetique" est primordiale ! Sachant que son candidat local a peu de chance de virer en tête au premier tour, la droite le sacrifie, cherche et trouve un "people" connu mais pas trop marqué politiquement (sans étiquette). Apparemment, le marché n'en offrait pas sans casserole. La droite s'assure également la neutralité, voire la bienveillance et, pourquoi pas, le soutien de la presse locale. Ensuite, il faut réduire sérieusement les chances de l'extrême droite toujours vivace sur Arles. C'est fait avec une liste de candidats à ... l'EHPAD plutôt qu'à la bagarre électorale ! Enfin, si on peut aider à susciter quelques trahisons, pardon en politique on qualifie cela de "retournement de veste", du côté adverse, c'est que du bonheur. Ajouter le "dégagisme" ambiant et le tour est joué !

Avec cette élection, nous avons eu l’impression de revivre, pour les anciens et toute proportion gardée, la campagne électorale de mars 1983.,

« L’histoire ne se répète pas mais elle se plagie. » (Jacques DEVAL 1890-1975).

A l’époque, la ville d’Arles était en pleine dés-industrialisation : fermeture des ateliers SNCF, des papeteries Etienne et des CMP avec plusieurs milliers d’emplois perdus. Rien que cela. Un candidat sans étiquette (lui aussi), le Docteur Jean-Pierre CAMOIN, auréolé d’une compétence en dermatologie, bénéficiant d’une importante patientèle et du tournant de la rigueur que venait de prendre le Président François MITERRAND, battait le Maire sortant, Jacques PERROT, à la fin de son deuxième mandat. J.P. CAMOIN était élu grâce aussi à deux mensonges : il était en réalité membre du RPR et avait annoncé un trou financier important laissé par la municipalité sortante alors qu’il n’en était rien. Il avait également bénéficié de deux erreurs de son adversaire : J. PERROT avait réalisé des investissements, certes importants, mais que les arlésiens ne voyaient pas car ils étaient sous terre : l’adduction d’eau potable et l’assainissement des habitations de Camargue ainsi qu’un choix politique controversé en désignant le futur Premier Adjoint, Alain BONNEAU, permanent de l’Union Locale CGT.

La carrière électorale de J.P. CAMOIN se terminera mal : augmentation des impôts avec la suppression de l’abattement général à la base de la taxe d’habitation et une hausse importante des taux. En 1995, après deux mandats, il est battu par Michel VAUZELLE. Ensuite, la ville passe à la caisse : les comptes sont en difficulté par les grands travaux de J.P. CAMOIN et l’augmentation des frais de personnels. La Région et le Département seront là pour aider à combler un déficit de presque 20 millions d’euros !

Nous n’avons plus qu’à "Wait and See" comme disent les « Rosbeef ».

De CAROLIS va-t-il nous annoncer dans quelques mois qu’il est membre d’un parti de droite ? Les impôts vont-ils augmenter d’ici la fin de son mandat ?

Ainsi donc, les arlésiens n’ont pas fait le choix de la jeunesse. C’est dommage.

La liste « Le Parti des Arlésiens » et le collectif citoyen Changeons d’Avenir, s’est engagée sur un programme détaillé, notamment le Plan Résilience à réaliser les 100 premiers jours du mandat « pour réinventer le service public local, réactiver l’attractivité de notre territoire, relancer l’économie et l’emploi tout en préservant notre santé et notre environnement. » Toutefois, sans aborder les financements. Bon c’est une équipe renouvelée (39 nouveaux sur 45), jeune et dynamique, composée de citoyens diplômés et souvent déjà engagés au sein de la commune. Est-ce qu’ils auraient eu la compétence à gérer, la volonté et l’endurance pour faire bouger, voire bousculer, la lourde et sclérosée machine municipale ? Nous ne le saurons pas.

Pour ce deuxième tour les grands perdants sont la démocratie, la politique et les politiques à la vue des taux de participation à Arles et sur le plan national !!!

Le nouveau Maire d'Arles :

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