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Sud Semestres-Plan du Bourg
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11 octobre 2019

L'incinérateur d'Arles : Il faut rendre à César ce qui appartient à César!

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Démantèlement d'un four d'incinérateur des années 1970

A plusieurs reprises le candidat aux élections municipales de mars 2020, David GRZYB, a présenté sa colistière Catherine LEVRAUD comme étant « à l’origine de la fermeture de l’incinérateur », à l’époque où elle était élue. C’est un peu plus compliqué ! Mais cela nous donne l’occasion de rappeler notre implication sur ce dossier crucial pour notre environnement. L’ASSPB en avance sur son temps en quelque sorte !

Le 28 avril 1997, le Préfet des Bouches du Rhône a pris un arrêté de mise en demeure conjoint et solidaire à l’encontre de la ville d’Arles et de la société SILIM (gestionnaire de l’incinérateur) afin de mettre en conformité avec la loi les installations d’incinération. Dans un délai de deux ans, devaient être réalisés la séparation des résidus (poussières, cendres, résidus des gaz) et des mâchefers, le traitement des cendres ainsi que l’épuration des fumées rejetées dans l’atmosphère. Ces travaux n’étant pas réalisés dans les délais impartis, le Préfet a pris un nouvel arrêté le 05 juillet 1999. Interrogé par notre association, le Directeur Régional de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) nous rassurait par courrier du 15 juin 2000. Il nous indiquait que le 30 juillet 1997, une visite de l’incinérateur avait permis de constater la bonne réalisation de la séparation des résidus de combustion. Le 12 mars 1999, il avait constaté qu’un système permettant de respecter la norme poussière avait été mis en place. Enfin, le 23 mai 2000, le Directeur affirmait que les derniers équipements de mesure en continu des gaz rejetés dans l’atmosphère avaient été mis en place mais sans nous préciser le résultat de ces mesures. De son côté, le 23 juin 2000, l’Adjointe à l’Environnement, Catherine LEVRAUD, nous rassurait en affirmant que « la ville d’Arles a tout mis en œuvre afin que l’usine d’incinération soit conforme aux textes en vigueur ». Enfin, le 09 juillet 2001, le Maire d’Arles nous signifiait à nouveau que les normes en vigueur étaient respectées par l’incinérateur et concluait : « pour ce qui concerne le devenir de cette unité, je suis en mesure de vous annoncer sa fermeture à terme ». A terme, cela voulait dire en 2004 car la ville était liée à la société SILIM par un contrat léonin.

Le 12 avril 2001, lors de son Assemblée Générale, l’Association Sud Semestres-Plan du Bourg prend la décision de faire analyser sur ses fonds propres les rejets de l’usine. Nous optons pour une analyse du sol car une analyse de l’air, plus efficace, se révélait beaucoup trop onéreuse pour notre trésorerie. Début 2002, trois échantillons de terre (dont un en limite de la propriété du Maire) sont prélevés au sud de l’usine, entre 300 mètres et un kilomètre et sont envoyés à un laboratoire indépendant : ANALYTIKA situé dans le Var à CUERS. Nous étions en avance sur les « prélèvements citoyens » signalés de nos jours lorsqu’il y a une pollution en France. Le 30 avril 2002, le laboratoire nous envoie le rapport de dépistage : les échantillons de terre sont pollués par six « familles » de PCB (Poly Chloro Biphényles), en particulier par les représentants de la famille des trichlorobiphényles dont la molécule contient trois atomes de chlore ainsi que par l’isomère de la famille des dioxines. Le 14 juin 2002, nous adressons les analyses à Catherine LEVRAUD, Adjointe à l’écologie urbaine et à Hervé SCHIAVETTI, Maire d’Arles, en leur demandant d’envisager dans les meilleurs délais la fermeture de cette usine. Certes, les teneurs mesurées étaient en dessous des normes autorisées mais il faut savoir que les normes sont établies pour un adulte et calculées pour le cas où l’être humain ne reçoit la pollution que d’un seul élément. Notre demande était une mesure de salubrité publique. Pas de réponse de Mme LEVRAUD. Le Maire nous écrit le 19 juillet 2002 pour nous indiquer qu’il « a demandé à la SILIM d’effectuer des mesures de dioxines et PCB à l’émission », il nous rappelle « que la ville d’Arles a mis en place la collecte sélective des déchets depuis 1999 dont l’effet est très réducteur sur le taux de PCB » et enfin, il nous « confirme la fermeture de l’usine d’incinération des ordures ménagères d’ici le mois de juin 2004, validée par délibération du Conseil Municipal en date du 27 juin 2002 ». Tous ces éléments ont été publiés dans le numéro 1 de notre journal papier trimestriel « La Page » de juin 2002.

Historique de l’usine d’incinération :

Elle a été construite en 1976, chemin de la Montcaldette, sous l’impulsion du Maire de l’époque, Jacques PERROT, où se trouve la nouvelle station d’épuration de la Montcalde. Nous avions assisté à l’inauguration et applaudi des deux mains. Le four d’incinération était le seul construit dans la région et, surtout, il mettait fin à une décharge à ciel ouvert le long de la route qui mène à Fontvieille, à proximité du site de Montmajour ! En ce temps-là, comme pour l’amiante, nous étions dans l’ignorance de la dangerosité de ce procédé : cancers, naissance d’enfants mal formés, la combustion des ordures crée de nouveaux polluants (dioxines, métaux lourds), il reste une quantité importante de déchets ultimes solides (30% de mâchefers) et la filière crée très peu d’emplois comparés au tri sélectif et au recyclage. L’usine d’Arles a été exploitée par la SILIM (Société Industrielle du Littoral Méditerranéen), filiale du groupe des Eaux de Marseille liée aux multinationales Suez et Véolia. La capacité du four était de 3t/h, soit environ 26 000 tonnes brûlées par an. Avec une production importante de résidus à enfouir : 7 500 t. par an de mâchefers et 800 t. de résidus d’épuration des fumées. Au fil des années, la mise en conformité de l’usine a été nécessaire (en 1997, 1999 et en 2001). Après décembre 2005, l’installation aurait été à nouveau non conforme. L’arrêt du four est intervenu en juin 2004. Le démantèlement de l’usine et la dépollution du site, réalisés par la SILIM, n’ont eu lieu qu’au début de l’année 2007.

Le Maire avait fait le choix de changer de filière, en conformité avec le Plan Départemental d’élimination des déchets. Parallèlement, la filière tri + recyclage + enfouissement des déchets ultimes a été mis en place. Nous avons salué à l’époque ce choix politique et nous avons eu l’outrecuidance de penser que l’action de notre association y était pour quelque chose.

Photo ASSPB, manifestation à Marseille contre l'incinérateur de Fos/Mer :

Manif

 

 

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  • L'association a pour but de s'intéresser à tous les projets concernant les quartiers sud de la ville d'ARLES : Barriol, Semestres et Plan du Bourg, de défendre une qualité de vie et d'avoir un rôle régulier d'interface entre la population et les autorités.
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